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19/11/2016

Haute-Ariège : 150 m3 de bois tractés par une mule

 

 

En vallée de Vicdessos, 85% du territoire est géré par l’Office National des Forêts.

Des vallées souvent encaissées, des pentes vertigineuses et des forêts peu praticables.

Pour pallier à ces inconvénients, un chantier original vient de débuter dans la forêt de Goulier: il s’agit d’une coupe d’éclaircie un peu particulière car elle fait intervenir la traction animale en lieu et place des traditionnels engins forestiers.

«Nous avons ici un vrai enjeu environnemental, paysager et qualitatif, explique le responsable de l’unité territoriale Val d’Ariège-Pays d’Olmes. Ce mode de débardage a moins d’impact visible sur le milieu»

Une volonté affichée de l’ONF de jouer la carte du développement durable et de l’économie de proximité puisque l’on a fait appel à des partenaires locaux, que ce soit pour le bûcheronnage ou pour le débardage, remis au goût du jour dans la vallée par un jeune agriculteur installé à Miglos.

Cette pratique ancestrale est particulièrement bien adaptée à la montagne ariégeoise.

«Nous sommes ici au cœur du Parc Naturel Régional des Pyrénées Ariégeoises, dans une forêt domaniale traversée par le GR 10, créée artificiellement à la fin du XIXe siècle pour lutter contre les problèmes d’érosion.

Ces sont des parcelles de résineux, plus exactement de mélèzes, une essence introduite dans les Pyrénées à cette époque-là.

C’est un bois particulièrement recherché pour les charpentes et les menuiseries d’extérieur. Il se récolte ici mais il part ensuite en Catalogne sur de petites unités de sciage.

Dans le cadre de nos missions de gestion, nous sommes obligés de réaliser ces coupes pour améliorer les peuplements.

Pour une coupe aussi difficile d’accès et de si faible rendement (entre 150 à 200 m3), il est préférable de faire intervenir la traction animale
» poursuit le technicien ONF.

Sur place, Alexandre équipe Pompon son cheval et sa mule poitevine de trois ans: collier, traits et palonnier pour attacher les billes de bois.

«C’est mon premier chantier, jusqu’à présent je travaillais en traction animale exclusivement sur mon exploitation. C’est une spécialité que j’essaie de développer»

Un travail propre et économique qui devrait faire des émules.